Home Ensemble, pour la Promotion d'une Authentique Culture de la Vie

Vérité sur les paroles du Pape Benoît XVI
concernant l’usage du préservatif contre le VIH/SIDA

 
 
Allocution d'ouverture Congrès de Bioéthique de 2007
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Comité d'Ethique : CECA
 
A.C.C.S. / B
 
 
 
Pape Benoit XVI et le Préservatif
 
OGM - Organismes transgéniques
 
 
AIDS, Bioethics, HIV_couple serodiscordant
 

 Ensemble, pour la Promotion d'une Authentique Culture de la Vie

Vous tous, Mesdames et Messieurs, venus du Vatican, de l’Italie, de France, du Portugal, de l’Espagne, de la Belgique, du Cameroun, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo, du Maroc, du Ghana, des 4 coins du Burkina Faso, soyez les bienvenues dans cette belle citée qu’est Ouaga 2000. Site à la fois moderne et traditionnel. En effet, si vous faites le tour, vous verrez des bâtiments modernes et des appartements qui calquent les styles de nos habitations traditionnelles.

Certes, si nous sommes là ce matin, nous le devons au Très Haut. Mais  soulignions-le fortement, de nombreuses personnes et institutions ont œuvré à la réalisation de ce congrès.

Nous pensons d’emblée à la Conférence Épiscopale Italienne, à la Conférence Épiscopale Burkina Niger, à l’Académie Pontificale pour la Vie du Vatican qui nous ont soutenu dans la préparation de ce congrès.
Nous remercions le Ministre d’État, Ministre de la Santé, le Ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique et  Madame le Président de l’Université de Ouagadougou qui nous ont beaucoup appuyés.

Nous ne pouvons pas ne pas citer les Maisons Abbott, SODIBO et la Cave Simporé qui nous ont prêté main forte.
Bien sûr, aux membres du Comité d’Éthique Catholique (CECA), aux membres de la commission d’organisation, à tous ces jeunes qui se sont donnés corps et âme pour que soit une réussite cette deuxième édition du congrès de bioéthique.

A l’aube de ce troisième millénaire, l’homme est toujours confronté à de nombreux problèmes. Par conséquent, nous aborderons les thèmes suivants :

1 - La Malnutrition. Elle a deux aspects : la suralimentation en Occident qui conduit à l’obésité, à l’hypercholestérolémie, au diabète, aux pathologies cardiovasculaires est un mal ;  la sous-alimentation dans les pays en voie du développement qui se traduit en kwashiorkor ou en marasme qui tuent de nombreux enfants, constituent un problème de santé publique.
2 - Les différentes maladies, comme le  VIH/SIDA,
3 – Les pratiques ancestrales désuètes, obsolètes,  comme l’excision des filles, la sorcellerie et les pratiques occultes.

De ces gros problèmes, viennent s’ajouter la problématique de la recherche scientifique moderne.En effet, depuis la découverte de l’ADN recombinant, l'homme a entre ses mains une force extraordinaire, une épée à double tranchant. Désormais, les chercheurs peuvent "créer" de nouveaux génotypes, de nouveaux micro-organismes, de nouvelles espèces tant animales que végétales, diagnostiquer et soigner des maladies héréditaires, élaborer des vaccins, des enzymes, des hormones, des anticorps monoclonaux, cloner des animaux supérieurs, tout comme ils peuvent fabriquer la bombe biologique à destruction de masse pour supprimer toute trace de vie sur  terre.

L'avenir de l'humanité semble être entre les mains de ces hommes de la recherche. Un fait est certain, en ce début du XXI° siècle,  notre Culture devenue moins théorique se fait de plus en plus pragmatique, et l'accomplissement des espérances humaines d’aujourd’hui passe plus que jamais par la science et ses retombées pratiques dont les conséquences vont jusqu’à mettre en cause la base même de notre civilisation.

Le premier défi du génie génétique réside dans le rythme vertigineux de ses propres progrès. Comment s’étonner de voir les scientifiques eux-mêmes pris de vertiges lorsqu’ils se sentent, avec raison, auteurs et protagonistes de cet incroyable développement ?
Le danger le plus immédiat qui menace les chercheurs, est celui de se croire tout permis dans cette course effrénée. La recherche va de conquêtes en conquêtes dans le domaine biotechnologique et  certains scientifiques en sont convaincus : Il ne peut, ni ne doit y avoir de limites dans leur activité, le progrès lui-même justifiant tout. Dans cette optique, ayant écarté la critique motivée par une évaluation bioéthique, « la mentalité scientiste a réussi à faire accepter par beaucoup l’idée que, ce qui est techniquement réalisable devient automatiquement acceptable ».

Cependant, nous en sommes désormais, conscients : «Sciences sans conscience, n'est que ruine de l'âme» et déchéance de l’humanité (Rabelais).
La tragique actualité de notre temps, nous rappelle sans fin Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl,  l’histoire de la vache folle et le spectre du clonage de l’homme. C'est à ce niveau que se posent de nombreuses questions d'ordre épistémologique, philosophique, éthique, biomédical et théologique : « Homo Sapiens sapiens, quo vadis ? » Homo Sapiens, toi qui dis que tu sais tout, où vas-tu avec ta connaissance ?

Toutes les erreurs ne pardonnent pas. Une erreur d’essaie clinique ou une manipulation scientifique ne pourrait-elle pas engendrer des monstres, des êtres humains chimériques ? Ce type d'erreur ne coûterait-elle pas cher à l'humanité du point de vue biologique, anthropologique, culturel, psychologique et social ? Mais faut-il pourtant se résigner et se laisser envahir par ces peurs sans trop chercher à discerner ce qui est éthiquement faisable de ce qui est hasardeux et donc aventureux ?

Certes, il n’y a pas d’espérance sans peur tout comme n’y a ‎pas de peur sans espérance. Quelles que soient les précautions prises par les chercheurs, ils n’obtiendront jamais le risque zéro en biotechnologie. Il y a toujours un risque. Mais ne dit-on pas aussi que « Qui ne risque rien n’a rien ?», mais il faut savoir bien risquer.
Certes, l’Afrique et particulièrement, le Burkina Faso ne possède pas encore de laboratoires de hautes technologies de grandes manipulations. Tout de même, de nombreux pays africains ont déjà commencé à importer de l’Occident les produits de synthèses de la biotechnologies comme les OGM ou à envoyer leurs chercheurs se spécialiser dans ces techniques de pointes.

Pour nous aujourd’hui, les défis à relever sont énormes. A travers la science moderne, l’Homme peut s’aliéner en développant consciemment ou inconsciemment un contre culture d’antivie, la culture de la mort. C’est incontestablement cette problématique qui justifie l’organisation de ce congrès de bioéthique qui nous rappellera sans doute, que nous tous, nous sommes nés trouver un monde viable et suffisamment beau et que nous avons le devoir de laisser, après nous, un cosmos et une civilisation d’espérance à nos arrières petits enfants.

Avant de clorer cette intervention, un cri de cœur :

« Vous tous, Avocats de la Vie : Chercheurs, Médecins, Philosophes, Pharmaciens, Biologistes, Juristes, Théologiens, Enseignants, Hommes Politiques, Décideurs, Journalistes, Infirmiers, Étudiants, Hommes de Dieu et de la Tradition…Ensemble, pour la promotion d’une authentique culture de la Vie ».

Pr. Jacques SIMPORE